Deux jours dans le Nord sur les lieux de mémoire

Le Nord je dois dire que même pour un court séjour je n’y avais jamais pensé. Les préjugés sont tenaces : le temps… l’autre bout de la France auquel on ne pense pas, surtout quand on a l’âme montagnarde. Mais comme il ne faut jamais jurer de rien, voilà qu’une proposition bien précise m’a été faite : Madeleine notre fille m’a suggéré de l’accompagner pour découvrir l’exposition réalisée par deux de ses amies passionnées par les lieux de mémoire mais cela nous en parlerons un peu plus tard.

Mais commençons par le début. Madeleine m’avait longuement parlé de ses visites dans le Nord : Arras, Lens, Vimy, Notre Dame de Lorrette, où elle s’était déjà rendue deux fois. Le récit qu’elle m’en avait fait, ses photos aussi… m’avaient donné très envie de me rendre sur ces lieux où sont allés les nôtres, non pour faire du tourisme mais pour se battre contraints et forcés. Du Péré partirent les deux frères Baptiste et Jean et tant d’autres de chez nous et d’ailleurs. Les listes sont longues sur nos monuments aux morts! Baptiste revint blessé. Je me souviens encore de sa démarche. J’étais enfant et je buvais ses paroles. Je l’ai entendu raconter qu’il fit le mort sur un champ de bataille où l’ennemi achevait les survivants. Jean lui ne revint pas. Il mourut dans un hôpital en Allemagne. Dans la chambre de mon grand-père j’aimais regarder la photo de ce jeune homme si beau dans son uniforme. Partir donc sur ces lieux de mémoire, c’était une évidence… un geste que je leur devais!

Première pause dans le Nord : Arras. Juste quelques heures d’arrêt pour découvrir les deux places de cette ville quasiment détruite et son église bombardée, brûlée et reconstruite en 1920.

Puis d’Arras départ pour Lens qui connut le même sort qu’Arras. Et à partir de Lens notre circuit débute par Vimy et la visite du mémorial national du Canada. La crête de Vimy avec la colline de Notre Dame de Lorette étaient des points stratégiques culminant respectivement à 145 et 165 mètres d’altitude.Ces deux promontoires sont donc occupés dès le mois d’octobre 1914 par l’armée allemande qui y aménage un réseau de tranchées. Ancienne colonie de l’Empire britannique le Canada prend part au conflit, plus de 600 000 hommes sont envoyés au front. Vimy va devenir un symbole majeur dans l’histoire du Canada. En effet lors de cette bataille depuis le début de la guerre les quatre divisions canadiennes combattent ensemble en tant que corps d’armée distinct.

Compte tenu de sa position dominante, la crête de Vimy sera ensuite choisie pour ériger le principal et gigantesque mémorial dédié à la mémoire de tous les soldats canadiens morts au front. 66 000 canadiens moururent ou disparurent lors du conflit. La France reconnaissante envers le sacrifice des canadiens concèdera de façon perpétuelle au Canada un terrain d’une centaine d’hectares dominant la plaine de Lens. C’est là que débuteront en 1925 des travaux pharaoniques qui dureront 11 ans. L’architecte Allward cherchera pendant deux ans la pierre idéale à la construction du mémorial et la trouvera en Yougoslavie! En arrivant à Vimy le monument impressionne.

Quant au centre d’accueil et d’éducation inauguré en 2017, il permet au public de mieux comprendre les contributions du Canada durant la première guerre mondiale. C’est un espace très didactique où dans les vitrines sont exposés matériel de transmission, armes, lettres, photos… et tous les détails concernant la construction du Mémorial.

Des étudiants volontaires assurent l’accueil du public et font visiter une partie des tranchées et des souterrains utilisés pendant la bataille. Ils expliquent avec passion, soucieux de transmettre avec véracité l’histoire du lieu. Pendant tout l’hiver 1916 les préparatifs se multiplient : les souterrains sont dotés de l’électricité et de conduites d’eau. Des postes de secours sont mis en place. La visite des lieux permet d’imaginer sans mal les conditions de vie des soldats devant faire face en plus du danger et de la peur permanents; à la boue, aux conditions d’hygiène déplorable, aux rats…

Monument et centre d’accueil et d’éducation s’inscrivent au coeur d’un paysage boisé dont toute une zone est interdite au public car encore non déminée. Des pins noirs d’Autriche furent plantés après le conflit, chaque arbre a été planté par un canadien et symbolise le sacrifice d’un soldat. L’état du sol, les trous d’obus attestent de la violence des combats sur cette crête reprise aux allemands par les soldats du corps canadien.. Près de ces trous de verdure, dans ces forêts paissent aujourd’hui des moutons qui pourraient rendre le paysage presque idyllique!

Voilà pour notre première visite : Vimy que nous quitterons émues.

Notre Dame de Lorette, autre lieu de mémoire tout proche, fera l’objet d’un prochain article, ainsi que l’exposition « Vest pockett memories »réalisée avec l’appareil photo emblématique de la grande guerre.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Walter de paepe dit :

    Vimy en lorette heb ik ook al bezocht hier wordt men stil van echte kippenvel momenten

    Aimé par 1 personne

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