Montségur : l’incontournable !

Pour qui vient passer quelques jours chez nous, parmi les conseils donnés pour découvrir le massatois puis plus globalement l’Ariège, Montségur trouve tout naturellement sa place. Montségur haut lieu du catharisme est un symbole de résistance et l’on ne peut se contenter de regarder le château de loin. Il faut gravir le sentier jusqu’aux ruines… s’imprégner de l’histoire du lieu.

C’est le 12 mars 1244 que tomba Montségur, dernier refuge du catharisme. Le siège dura dix mois. Mais pourquoi tant d’acharnement contre cette religion ? Pour résumer très et trop rapidement les faits, on pourrait dire que la religion cathare faisait dans le Sud concurrence à la religion catholique. Montségur marque la fin ou presque d’une guerre qui opposa le Nord au Sud pendant plus de cinquante ans.

La pensée du catharisme aux racines très lointaines, puisque ce courant s’est d’abord développé en Europe centrale, pourrait très schématiquement se résumer ainsi : pour les cathares le monde visible est la création d’un dieu mauvais, le monde invisible lui, est la création d’un dieu bon qui sauve les âmes. L’homme voué à la corruption et à la mort est l’oeuvre du dieu mauvais mais par son âme éternelle il appartient au monde du dieu vrai.

Les cathares non violents absolus, pauvres individuellement avaient la volonté de se rattacher à l’église primitive. Ils étaient des prédicateurs itinérants, prêchaient en langue occitane, voulaient vivre comme le Christ dans la pauvreté. Ils affirmaient que leur église est la vrai église de Dieu, celle du Christ et des apôtres en opposition à l’usurpatrice église romaine. Outre leur rejet des richesses matérielles (seul le Livre a une valeur) les cathares avaient aussi la croix, instrument du supplice du Christ, en horreur.

Lorsque cette religion attira de plus en plus de monde et se structura avec la nomination d’évêques cathares… commencèrent alors les problèmes. Le pape Innocent III demanda au roi de France Philippe Auguste d’intervenir, de se croiser contre les cathares. L’assassinat d’un légat du pape déclencha la première croisade et le premier massacre de Béziers en 1209. Puis de massacres en massacres de bûchers en bûchers, d’horreurs en horreurs la croisade prit fin à Montségur.

Le château appartenait au seigneur du lieu, Ramon de Péreille. Les cathares vivaient dans de petites cabanes bâties sur de petites terrasses à l’extérieur des remparts. Sur l’ordre du roi de France Louis IX le siège fut mis devant Montségur. Pendant longtemps les efforts des assaillants furent vains. En raison de l’à-pic, Montségur semblait imprenable.

Le château et les versants à pic

Pourtant suite à une trahison, l’attaque brutale eut lieu et il fallut se résoudre à capituler. Tous ceux qui refuseraient de renier le catharisme périraient brûlés. Le château serait rendu au roi et à l’Eglise. Dans un énorme bûcher, 210 personnes périrent dans les flammes.

La stèle au prat dels cremats (pré des brûlés) avant la montée au château

Impossible de visiter les lieux sans émotion. Montségur ce n’est pas une histoire ancienne. C’est une histoire d’intolérance comme celle qui se perpétue depuis toujours aux quatre coins du monde !

Les fleurs poussent en forme de gerbe sur les murailles.

Pour plus d’informations sur le catharisme, les ouvrages d’Anne Brenon font référence. A lire : Le vrai visage du catharisme, mais aussi les ouvrages de Jean Duvernoy et tant et tant d’autres sur le sujet!

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