Noëls d’hier, noëls d’aujourd’hui

Au Péré, Noël s’annonce calme, très calme… Rien à voir avec les Noëls d’antan.

La veille nous allions chercher la grand-mère Marie isolée elle aussi à mille mètres d’altitude dans un autre coin de montagne. Puis pas de réveillon, non…  mais un repas devant un grand feu bien sûr. A ce repas revenait toujours le plat de morue (j’avais horreur de ça!). Dans nos montagnes le plat de morue fait partie de la tradition qui se perpétue encore chez certains. Quel rituel! d’abord acheter chez l’épicière et demander dès novembre: « Tu en auras cette année de la morue? », puis mettre à dessaler et enfin préparer ce fameux mets qui se mangeait une fois l’an. Puis le repas terminé, auprès de la cheminée on attendait l’heure de la messe de minuit… et le temps passait vite en écoutant les contes et histoires du passé de mémé Marie. Elle ne nous accompagnait pas à la messe, il faisait très froid dans l’église de Massat où je me faisais un plaisir de conduire maman et notre voisine et amie Eva chaque année. Et  chaque année j’entendais le même refrain : « e ben que i em annadas un còp de mes » « Nous y sommes allées encore une fois ». Il faut dire que cette messe n’attirait pas que les croyants car c’était un vrai spectacle. La crèche vivante réunissait tous ceux que nous connaissions avec leurs manteaux de burre, leurs paniers remplis de fromages et de fruits et leur petit troupeau. Madeleine y a même été petite bergère avec son beau bonnet rouge! Et ce qui rendait cette soirée encore plus magique c’étaient les chants en occitan qui chaque fois me donnaient des frissons tant ils résonnaient dans la vaste église. C’était toujours le vieux Guillaume qui interprétait le minuit chrétien et sa voix je ne suis pas prête à l’oublier; sa langue était belle, authentique… et il était si heureux de la faire vivre!

Puis le jour de Noël c’était le repas de famille nous étions une douzaine, il fallait une grande table. L’échange des cadeaux prenait déjà un certain temps, puis le repas se déroulait avec ses nombreux plats commencés très très tôt le matin. Et puis tout a basculé la maladie des uns … des autres, l’absence définitive…

Le Péré est bien vide aujourd’hui et j’avoue que je n’aurais pas grand plaisir à y passer Noël en pensant aux absents… alors avec Christian nous partons pour Paris rejoindre Madeleine et Benjamin.  Mais nous reviendrons très vite car maintenant s’organiser pour que d’autres passent de bonnes fêtes, et en tirer du bonheur, fait partie de nos satisfactions.

Ainsi  nous sommes allés chercher le sapin de Noël dans la forêt et l’avons paré pour les hôtes qui ont fait le choix de nos chambres  pour la fin de l’année.

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Le Péré aura bien un air de fête et bien sûr on se régalera autour de la table et du bon feu comme autrefois… Cette année on ne parlera pas occitan mais espagnol ce sont des langues proches et nous serons ravis d’entendre ces sonorités chez nous qui voyons depuis nos fenêtres les montagnes frontalières.

Allez on va penser aux menus proposés… du gibier nous en avons, des bûches nous en ferons et même des choux et des éclairs pour régaler les gourmands.  Le goût du fait maison, dessert compris, est là aussi une vieille transmission familiale.  Mémé Marie faisait lorsqu’elle venait à Noël, ce qu’elle appelait une madeleine. C’était en réalité une belle génoise et je me souviens d’un des derniers gâteaux qu’elle nous a apporté. Elle avait glissé la pâtisserie sur un carton qu’elle avait décoré. Y était écrit « pâtisserie des quatre vents ». Idiote… que ne l’ai-je gardé et encadré! Avec un très beau piano et mes trois fours je ne suis pas sûre de faire un aussi beau gâteau. Il faut croire que la magie opère ou alors nos souvenirs embellissent les gâteaux!

En ce qui concerne mes éclairs, pour la pâte… la crème pâtissière, pas de difficultés. La difficulté c’est plûtôt de remplir la douille, de coucher de beaux éclairs bien réguliers.

Après viendra le difficile glaçage. Du glaçage tout prêt nous n’en avons pas ici. Alors je repense encore à mémé Marie (excusez moi de tant en parler) car je l’ai vue alors que j’étais enfant, plus d’une fois napper sa bûche. Elle faisait fondre du chocolat puis rajoutait un bon morceau de beurre  et voilà! La bûche était recouverte de cette préparation puis striée avec une fourchette. Pour décor elle taillait une hache miniature dans un morceau de bois… Je suis admirative devant ces gens ingénieux qui avec rien trouvent solution à tout!

J’ai appliqué sa méthode à mes éclairs au café ne sachant comment faire un nappage sans la matière nécessaire. Eclairs café nappés au chocolat donc ou saupoudrés de sucre glace le produit fini était correct.

Bien sûr ces éclairs n’auraient pas leur place chez Christophe Adam où nous en avons mangé de si bons avec Madeleine. Mais au dire de ceux qui les ont goûtés, car nous les avons offerts à nos gentils voisins, ils étaient excellents. En ces temps de fête, ils ont en tout cas été faits pour être partagés … pour que Noël soit un moment de grâce comme cela devrait!

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Gwendo dit :

    Joyeux Noël à toute la famille 🙂 grosses bises

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    1. joyeux noel à vous aussi et très bonne année avec un peu d’avance… si vous avez envie de quelques jours en ariège c’est avec plaisir!

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