Au Péré… on attend l’hiver

Les confitures sont faites, la terre au jardin se repose, plus de travaux dans l’immédiat sauf encore un peu de déco par ci par là… nous pouvons attendre l’hiver sereins. Mais justement,  comment se déroule un hiver à la montagne lorsqu’on est un peu loin de tout? Et bien la morte saison ne manque pas de charme. Je me souviens d’une anecdote racontée souvent par ma grand-mère Marie, à l’aube de ses cent ans. Elle vivait encore seule, très isolée à près de mille mètres d’altitude… comme dans les contes de fée un chemin de terre desservait juste sa petite maison. Elle recevait souvent des visites surtout l’été et une dame de passage dans cette contrée lui demanda : « Mais comment faites-vous l’hiver dans cet endroit perdu? » Marie ne se laissant jamais déstabiliser répondit du tac au tac : « L’hiver je fais comme l’été! ». Nous aussi avec bien des années en moins nous faisons comme l’été. Bien sûr les jours de pluie nous restons un peu plus à l’intérieur… mais alors devant un bon feu alimenté sans cesse, c’est le moment de piocher dans la bibliothèque le livre acheté depuis longtemps et non encore ouvert ou de relire ses classiques, cela ne fait pas de mal! Côté livres nous ne manquons pas de choix.

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Dans les rayonnages Camus occupe une place centrale. Je peux lire et relire Le premier homme et toujours y trouver matière à réflexion. J’ai découvert Albert Camus en seconde, il y a bien longtemps. Notre professeur de français avait choisi pour nous L’étranger. La passion Camus naquit alors. Enseignante par la suite j’ai fait connaître Camus à mes élèves… La peste surtout pour la solidarité qu’elle prône et la méditation qu’elle entraîne. Combien de fois j’ai répété à mes élèves « qu’il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser » mais aussi qu’il faut être vigilant car l’allégresse est toujours menacée. Je laisse à d’autres le peu d’estime pour cet auteur qualifié de « philosophe pour classes terminales ». Je crois qu’il y a toujours un certain mépris pour le pauvre qui réussit. On lui en veut de s’être frayé un chemin, on veut rester entre soi.

Il est bien sûr d’autres auteurs que je peux lire et relire Duras, Forest, Mauvignier pour ne parler que d’eux. Laurent Mauvignier je l’ai fait découvrir à mes élèves souvent piètres lecteurs. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de lire devant eux en une traite Apprendre à finir, l’histoire vraie d’un jeune homme mort pour une bière bue dans un supermarché. Peu sont restés indifférents… de même tous ont été sensibles à Loin d’eux, au fossé qui se creuse entre les générations, à la solitude de la jeunesse parfois.

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De la lecture pour l’hiver

Tous ces livres qui sont sur les étagères du séjour nos visiteurs peuvent les lire au coin du feu ou confortablement installés dans leur chambre, avec un thé à portée de main. Bien entendu je ne parle là que de mes coups de coeur, mais on peut aussi emprunter des policiers, beaucoup de policiers… simplement je ne me hasarderai pas à parler de ce que je ne connais pas… le spécialiste c’est Christian!

Cependant quand on aime l’activité, on ne passe pas tout son temps à lire. L’hiver c’est aussi le moment de tester des recettes, d’inviter des amis, de dresser de belles tables devant la cheminée.

On prend son temps, on peaufine les menus, on affine ce qui peut l’être…

Et puis l’on trouve toujours un peu de temps pour la marche essayant de lui réserver plus d’une heure par jour. C’est facile… ce ne sont pas les petits et grands tours qui manquent depuis chez nous. On rend visite aussi aux voisins comme autrefois. On échange sur tout et sur rien. Le pays s’est vidé de ses habitants mais ceux qui restent sont solidaires et constituent une grande famille.

Puis bientôt vont venir les premières neiges que j’aime bien. Le conducteur du chasse-neige fera une pause à la maison le temps de boire un café. La route alors dégagée nous pourrons aller chercher le pain et les provisions à pied pour le charme et pour la forme. Nous pourrons aussi chausser les raquettes et faire de beaux tours avant de nous pauser devant la cheminée et de reprendre un livre.

Le Valier sous la neige
Le Valier sous la neige
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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Pidiaime Piwo dit :

    L’hiver devrait être exclusivement réservé à la lecture au coin du feu…

    Aimé par 1 personne

  2. C’est vrai… j’ai aussi besoin de la marche car les plus belles pensées nous viennent en marchant. Merci de ce gentil commentaire.

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