Nos vacances à nous. Le choix de Sifnos

Si nous aimons beaucoup recevoir et faire le maximum pour que nos hôtes découvrent l’Ariège dans de bonnes conditions, nous aimons nous aussi prendre des vacances. Enfants nous n’avons jamais connu les longues périodes de détente. Aussitôt l’école terminée la période des foins nous attendait. Un peu envieux nous écoutions les récits de ceux qui venaient quelques jours ici. Nous nous disions que nous aussi lorsque nous gagnerions notre vie comme eux nous élargirions notre horizon.

Aussi cette année après l’Ecosse et l’île de Skye en avril, nous avons choisi une nouvelle fois la Grèce pour une dizaine de jours de découvertes. La Grèce c’est toujours le bon choix. En ce qui me concerne j’y retrouve la simplicité, l’authenticité des gens d’ici. Bien sûr les choses ont beaucoup changé et nous sommes loin des premiers voyages où l’on dormait chez l’habitant toujours heureux de recevoir l’étranger sans contrepartie.

Après la Crète plusieurs fois puis Les îles de Paros, Samos et d’autres encore nous avons opté pour Sifnos encore préservée du tourisme de masse. Elle s’annonçait prometteuse en belles randonnées dans des paysages sauvages il n’en fallait pas plus pour nous faire rêver. Cent kilomètres de sentiers balisés sillonnent l’île. Aussi dès le lendemain de notre arrivée au petit port de Kamarès où nous avons séjourné, nous avons arpenté les chemins parfois très escarpés.

C’est donc essentiellement des photos de nos découvertes que je vous propose ici.

Le port de Kamarès

La première randonnée de Kamarès à Apollonia la capitale nous a permis de prendre connaissance des lieux. Nous avons emprunté depuis le petit port encerclé de montagnes, des sentiers abrupts, très rocailleux, très bien balisés et bordés de grandes fleurs blanches que nous avons identifiées comme étant des asphodèles présentes aussi dans nos montagnes . Et toujours lorsque nous nous retournions la mer en contre bas et de loin en loin les petites chapelles blanches constante des paysages grecs.

Nous avons lors de cette première randonnée fait un dénivellé assez conséquent environ 500 mètres. Et en redescendant vers la capitale quels beaux chemins entourés de murs en pierres sèches n’avons nous pas empruntés!

Et de pas en pas en arrivant à Apollonia nous avons retrouvé les ruelles blanches, les petites terrasses fleuries, les images de carte postale.

De retour à Kamarès la marche sur la plage a toujours complété agréablement la marche sur les sentiers escarpés. Plaisir et détente dans l’eau tiède sur une plage quasiment déserte en septembre voilà le bonheur du soir.

Après une longue première marche nous avons opté pour la visite du nord de l’île, son monastère et le petit port de Cheronissos qui se compose d’une église, de deux tavernes et d’une toute petite plage. Nous nous sommes tout d’abord dirigés vers le monastère d’Aghios Georgios. La montée se fait par un large sentier tracé dans la pierre volcanique et entre les pierres fleurissent de petits cyclamens roses.

De là le point de vue est superbe autant sur le petit port que sur la mer Egée. On pousse la porte du monastère et c’est un monde de silence de pure simplicité un moment intense que l’on voudrait retenir.

De retour à Kamarès le programme du lendemain est vite établi : il faut que nous accédions au monastère que nous apercevons sur la crête à environ cinq cent mètres au dessus du port.

Une belle journée de marche se prépare. Nous rencontrerons peu de monde en chemin : un chevrier et son troupeau, un agriculteur venu nourrir ses vaches clôturées dans un espace sans la moindre trace d’herbe. Sifnos manque cruellement d’eau!

La brume ce jour là nous empêchera de voir les îles et le monastère sera fermé. Mais quelle marche nous ferons ce jour-là!

Nous redescendrons de ce lieu magique par un très beau chemin bordé de murs en pierre sèche véritables œuvres d’art! Nous rencontrerons en le longeant un sculpteur français établi depuis dix ans sur l’île qui est maintenant son paradis. Après une quinzaine de kilomètres de marche nous arriverons à la ville d’Artémésias où un bus nous ramènera à Kamarès.

La journée du lendemain sera moins sportive. Le bus nous déposera à quatre kilomètres du village sûrement le plus ancien de l’île Kastro. Il est perché sur un rocher perpendiculaire à la mer et a conservé son caractère médiéval. Nous le découvrirons en arpentant ses vieilles ruelles avec de ci de là des colonnes antiques. Nous retrouverons ici le sculpteur rencontré en descendant du monastère et visiterons son atelier.

Du village qui surplombe la mer il faut descendre au monastère des Sept-Martyrs. L’emplacement est magnifique et lorsque l’on se retourne vers le village on aperçoit les maisons accrochées à la falaise prêtes à tomber.

Nous ne nous éterniserons pas sur les plages préférant les lieux qui les dominent où le regard se perd vers les vastes horizons. Sur la grande plage du sud nous ne ferons qu’un arrêt le temps d’un café dans un endroit sympathique accompagnés d’un chat et nous nous dirigerons vers un des sites les plus connus et les plus photographiés de Sifnos : Chrysopigi. L’endroit ne nous décevra pas : grande église blanche construite au XVIIe sur un promontoire rocheux qui s’avance vers la mer aux couleurs changeantes.

Un agréable sentier côtier nous conduira ensuite au charmant petit port de Faros où nous nous attablerons dans une sympathique taverne où le poisson compose bien évident l’essentiel du menu.

Nous restait Vathy au Sud-Est de l’île. Encore une belle marche sur les chemins rocailleux, dans les paysages arides, pour arriver à la belle baie où quelques grands hôtels commencent à s’installer. Nous longerons la plage jusqu’à la sympathique taverne aux chaises plantées dans le sable. Là à l’ombre des tamaris nous goûterons aux délicieuses spécialités locales préparées avec les meilleurs produits!

Encore une petite marche le jour du départ vers Athènes, une matinée sur les beaux chemins longeant les murs en pierre sèche régulièrement entretenus par les agriculteurs de l’île. Les chapelles (plus de trois cent) font elles aussi l’objet de restaurations régulières. Chaque année une famille est chargée de l’entretien de l’église. Elle en détient les clefs et c’est un grand honneur. Lors d’une fête appelée panigirade elle offre un grand repas puis les clés sont remises à une autre famille. Ainsi vit le patrimoine de Sifnos.

Durant ces dix jours passés sur le sol grec nous avons comme à l’accoutumé, vu de bien belles choses. Encore une fois nous avons pensé à mémé Marie qui aimait rapporter lorsque nous disions que nous partions en Grèce les paroles échangées lors du retour des jeunes massatois mobilisés. La présence militaire française en Grèce concerne les années 1915-1923, des milliers de soldats séjournèrent semble-t-il en Orient . A la question à leur retour : qu’avètz vist en Grèça? qu’avez-vous vu en Grèce? Ceux qui étaient partis si loin répondaient « Tartès ». Un tartè en occitan est une ruine, un amas de pierres dont il n’y a plus rien à tirer. Une occasion de sourire en pensant à nos montagnes, aux générations qui nous ont précédés. Elles n’ont jamais eu l’occasion de voyager comme nous juste pour le plaisir de la découverte!

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Avatar de joel corinne Herrero joel corinne Herrero dit :

    Coucou les amis Encore un très bel article qui donne envie d’aller voir tout ça ! Le texte et les photos sont en accord parfait ! Bravo pour cette belle découverte Bizzzzzzz à vous trois Corinne et Joël

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    1. Merci de votre réaction tellement gentille comme d’habitude. Il faut franchir le pas, enfin la mer, pour d’autres paysages inoubliables.
      bises à vous deux

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