Les derniers hôtes à peine partis, il est grand temps de profiter de la belle journée d’automne qui s’annonce pour la randonnée préférée des massatois : le pic des 3 Seigneurs. Vite dit, vite fait, sac prêt en cinq minutes et direction le port de Lers. Bien sûr on peut partir du Péré à pied pour de belles marches en écoutant en cette période le brame du cerf. Mais tout de même, les 3 Seigneurs face à nous toute l’année valent bien une visite au moins une fois l’an!

Combien de fois y suis-je allée je ne le sais pas. Lorsque nous étions adolescents et sans voiture nous partions du col de Port. C’était le temps des défis où nous tentions de gagner quelques minutes sur la fois précédente. Aujourd’hui le pas devient un peu plus lent et l’on choisit l’itinéraire le plus aisé en laissant la voiture soit au port de Lers soit au départ de l’étang d’Arbu.
Ce matin c’est l’hésitation jusqu’à la dernière minute, puis la décision est prise de s’arrêter au port de Lers de peur en passant par Arbu de se laisser happer par le charme de l’étang et de s’arrêter là à rêvasser.
La pente abrupte au départ décourage un peu. Il va falloir l’apprivoiser un pas après l’autre accompagnée des clarines des troupeaux encore présents sur l’estive.


A mi- pente c’est le premier arrêt et le regard se pose sur tous les sommets environnants, connus depuis toujours et toujours redécouverts sous un nouvel angle : Mont Béat, Valier et tant d’autres, étang de Lers en contrebas.




Puis en savourant la chance d’être entourée de si beaux paysages me voilà sur la crête après presque une heure de marche. Au pic de Fontanette nous sommes à deux mille mètres d’altitude environ. Peu de monde en ce début octobre, juste deux personnes alors que le large sentier laisse à penser que tant et tant de randonneurs ont dû arpenter les lieux cet été. La marche est maintenant toute en crête. Le pic de Barrès est face à nous et le Pic des 3 Seigneurs bien visible. Aucune difficulté jusqu’aux premiers rochers à environ quarante cinq minutes du sommet. L’étang d’Arbu devient de plus en plus visible ainsi que les nombreux laquets brillant sous le soleil du matin.


On cherche un peu les marques, grimpe jusqu’au « pas de la finestra » terme occitan pour désigner plutôt que la fenêtre, cette porte entre deux rochers.

Nous ne sommes plus loin. Bientôt se profilera la première croix. Quelques bonnes minutes d’ascension de gros rochers et j’aurai le privilège d’ être seule au sommet pour quelques minutes. Long regard sur les montagnes frontalières, puis Massat et Biert, Goutets en contre-bas le village d’estive en pierre sèche, et très loin tout petit le Péré.




Petit déjeuner en hauteur enfin. Cela fait partie des coutumes montagnardes, le plaisir après l’effort. On a toujours dans son sac de quoi se substanter et éventuellement partager. Que d’omelettes montées aux sommets pour les compagnons de randonnée! Quitter le sommet ne se fera pas sans une pensée pour tous ceux et celles avec qui j’ai autrefois partagé ce pic et qui pour certains nous ont déjà quittés.
Pour le retour après une bonne pause l’étang d’Arbu tente vraiment mais non par le chemin balisé en jaune emprunté habituellement. Un petit chemin peu fréquenté part en contrebas du pic sur la gauche, il faut juste chercher les traces discrètes au départ. Enfin voici les premiers Kerns, ces monticules de pierres qui ont tendance à brouiller les pistes sur les chemins bien tracés. Ils sont ici les seuls repères bien faits, nombreux, et judicieusement placés toujours à la portée du regard. Merci aux randonneurs qui ont ouvert ce bel itinéraire qui reste confidentiel.




La descente se fait dans un paysage minéral avec nombreux petits laquets et en contrebas l’étang d’Arbu. L’attention est nécessaire mais le tracé parfait . Les premières couleurs bien que peu prononcées sont bien là : pieds de myrtilles, grandes herbes jaunies, la mutation a commencé.


On surplombe l’étang d’Arbu où deux ou trois couples profitent de la lumière d’automne au bord de l’eau. Long moment d’observation sur le rocher en amont, le temps s’arrête là pour quelques instants.





La descente depuis Arbu bien connue celle-là, paraîtra longue sur le chemin pierreux entouré de ci de là par quelques arbustes et de beaux sorbiers.



Et à l’arrivée sur la route il faudra encore plus d’un kilomètre pour rejoindre le port de Lers et ainsi clôturer la boucle. C’est l’occasion en remontant tranquillement d’observer la vie paisible des vaches encore présentes quelques semaines sur les pentes de nos montagnes.


La journée de randonnée terminée restent les photos et le plaisir de la revivre en pensée. A chaque marche depuis le Péré ou un peu plus loin sur les sommets environnants je savoure la chance de pouvoir marcher la saison touristique terminée dans des lieux encore préservés.
Merci à toi ma chère Annie de me permettre cette belle randonnée que je ne ferai jamais pour de vrai. Tu es une montagnarde et j admire ce pied vaillant qui te porte sur les sommets. A bientôt pour la Toussaint, depuis le Pere, je me contenterai de regarder ce magnifique paysage en pensant aux miens qui ne sont plus là Des bisous à partager Maryse
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